En dépit d'une pression constante de Fernando Alonso revenu dans ses roues peu après la mi-course, Michael Schumacher a su contenir les assauts de l'Espagnol pour remporter, dimanche à Imola, son premier Grand Prix de la saison. La performance de l'Allemand, couplée à la quatrième place de Felipe Massa, prouvent que les Ferrari sont de nouveau compétitives. Alonso, toujours leader du championnat du monde, monte sur la deuxième marche du podium devant Juan Pablo Montoya (McLaren), auteur d'une course propre. Kimi Räikkönen prend la cinquième place.
Après une saison 2005 pénible, Schumi retrouve le sourire pour le premier Grand Prix de l'année en Europe.Heureux comme au premier jour. Voilà l'impression que donne Michael Schumacher au terme de ce Grand Prix de Saint-Marin. "On a eu un week-end fabuleux", se réjouit-il. On le comprend. Son duel avec Fernando Alonso a été superbe, il s'est imposé devant les tifosi et Ferrari est revenue dans le coup. Un résultat pareil, le septuple champion du monde en rêvait après son début de saison difficile. Ce succès lui permet de remonter au 2e rang du championnat, à 15 longueurs de son rival espagnol.
Le pilote Ferrari a bien profité de sa pole position pour faire la course en tête. L'irruption de la voiture de sécurité dès le premier tour (suite au crash de la Midland de Christijan Albers, envoyée en tonneaux par la Super Aguri de Yuji Ide) ne l'a pas gêné du tout. Au 3e passage, lors que la neutralisation prend fin, l'Allemand n'a aucun mal à conserver le commandement. En fait, c'est peu après la mi-course que sa situation s'est compliquée. Après la première vague d'arrêts aux stands, il était en tête, avec plus de 11" d'avance sur Alonso.
Vingt-quatre tours roues dans roues
En moins de dix tours, cet écart a complètement fondu. Le rythme de Schumi a en effet franchement baissé, permettant au pilote Renault de faire la jonction au 35e tour. "J'ai eu des soucis. Nous avons effectué des contrôles à distance", confirme l'Allemand. Une fois Alonso revenu dans ses roues, un palpitant mano a mano s'est engagé. Le remake de celui de 2005, mais avec des situations inversées (il y a un an, l'Espagnol menait la course). Tour après tour, 'Fer' a cherché l'ouverture. "Si on ne commet pas de faute, il est pratiquement impossible de dépasser sur ce circuit", explique-t-il. Et Schumacher n'a pas commis d'erreur.
Alonso passe la ligne d'arrivée. Au loin, Schumi l'a devancé.Chez Renault, on s'est alors dit que la solution consistait peut-être à anticiper le deuxième ravitaillement d'Alonso. Ce dernier est rentré au 41e passage. Schumi a fait de même une boucle plus tard. Ce seul petit tour a suffi: la Ferrari a repris la piste juste devant la Renault. Pour autant, le champion du monde en titre ne s'est pas avoué vaincu. Recollant au Baron Rouge, il a remis la pression. "Son dernier train de pneus fonctionnait mieux. Je suis sorti trop large une ou deux fois", raconte le natif d'Oviedo.
Mark Webber, trois points sans faire de bruit
A moins de quatre tours de l'arrivée, la R26 mord sur le vibreur à l'intérieur de la chicane Villeneuve, juste avant la Tosa. Elle se retrouve déportée à l'extérieur. Alonso parvient à en garder le contrôle, mais il a laissé filer deux bonnes secondes. "Je me suis dit alors que ce n'était plus la peine de tout risquer", commente-t-il. "Nous sommes ici pour gagner le championnat. Huit points, c'est fantastique", déclare de son côté Flavio Briatore.
Michael Schumacher et Fernando Alonso ont donc monopolisé l'attention. Ils devancent à l'arrivée un Juan Pablo Montoya pas mécontent de monter sur le podium, vu qu'il était 7e sur la grille de départ. Quatrième, Felipe Massa a résisté jusqu'au bout à la pression que lui a infligée Kimi Räikkönen. En sixième position, on retrouve un Mark Webber qui, sans faire de bruit, réussit à marquer trois points qui étaient loin d'être acquis. L'Australien devance Jenson Button, victime d'un deuxième arrêt catastrophique au 30e tour, et Giancarlo Fisichella, qui doit se contenter du point de la huitième place.
Si Ferrari confirme sa résurrection lors de la prochaine épreuve, dans deux semaines au Nürburgring, la suite de la saison promet d'être palpitante.